CAPRA (F.)


CAPRA (F.)
CAPRA (F.)

CAPRA FRANK (1897-1991)

L’itinéraire de Frank Capra est celui d’un petit Sicilien né à Palerme en 1897, arrivé aux États-Unis à l’âge de six ans et désireux d’avoir un jour, selon le titre original de son autobiographie, The Name above the Title (Son nom au-dessus du titre). D’abord gagman chez Hal Roach puis chez Mack Sennett, il construit et parfait le personnage d’innocent lunaire de Harry Langdon en 1926 à travers trois films: Tramp, Tramp, Tramp (Plein les bottes ), The Strong Man (L’Athlète incomplet ) et Long Pants (Sa Dernière Culotte ). Après divers échecs, il se voit offrir un contrat de réalisateur par Harry Cohn, patron de la Columbia. Le succès des films de Capra, en particulier avec Barbara Stanwyck, contribue largement à hausser la firme au rang de grand studio. Mais la consécration vient avec New York-Miami en 1934, qui remporte cinq oscars. C’est ensuite l’ensemble des comédies sociales qui constitueront son image de marque: Mr. Deeds goes to Town (L’Extravagant M. Deeds , 1936), You can’t take it with you (Vous ne l’emporterez pas avec vous , 1938), Mr. Smith goes to Washington (Monsieur Smith au Sénat , 1939), Meet John Doe (L’Homme de la rue , 1941). Après Why we fight (Pourquoi nous combattons , 1941-1945), série de propagande produite durant la guerre, et alors qu’il dirige les services cinématographiques de l’armée, Capra n’a rien perdu de son talent, mais son propos n’est plus au goût du jour (It’s a wonderful live [La vie est belle ], 1947; State of the Union [L’Enjeu ], 1948), et les années cinquante le voient perdre sa liberté de création.

Interprétées par Gary Cooper, par James Stewart ou, plus tard, par Spencer Tracy, les comédies «populistes» de Capra offrent un même schéma: un naïf, qui croit fortement aux idéaux de la nation américaine, se trouve plongé dans le monde de la corruption politique où il s’apprête à sombrer, mais au dernier moment le rejette pour retrouver ses principes fondamentaux et sauver à la fois lui-même, la femme qu’il aime et l’Amérique. Si cet ensemble est intimement lié aux conséquences du krach de Wall Street et à la politique du New Deal rooseveltien, ces grands thèmes figuraient dans nombre d’œuvres antérieures (The Power of the Press , 1928, ou The Miracle Woman , 1931). Et, si Capra adhère à cette vision christique, on ne saurait identifier l’innocence supposée de ces héros au propos du cinéaste.

En outre, le propos de Capra est intimement lié au style de la «screwball comédie» (comédie burlesque au rythme rapide) qu’il initie avec New York-Miami . L’univers visuel de Capra, pris dans un tourbillon de vitesse et d’action trépidante, laisse derrière lui tout repère. Pour y établir un peu de stabilité, le verbe est nécessaire: d’où la fonction des grands discours sur la démocratie, le bon voisinage, l’entraide, etc. C’est alors l’écart de plus en plus grand entre le verbe et l’image qui donne aux films leur force singulière. Mais, si l’on fait abstraction du discours, l’image de l’Amérique selon Capra est terrifiante. Les mobiles initiaux des héros de L’Homme de la rue ou de La vie est belle sont d’abord l’argent et la vengeance. Les foules sont des masses susceptibles de suivre le premier démagogue venu et que seules les prouesses des héros remettent dans le droit chemin. L’optimisme de Capra s’enracine sur un fond de pessimisme radical dont témoigne le nombre de candidats au suicide qui peuplent ses films. Le traditionnel happy end hollywoodien prend ici une puissance étrange: plus il est artificiel, plus il doit provoquer une sorte d’acte de foi de la part du spectateur dans les valeurs américaines, faute de quoi il devrait accepter l’horreur et l’absurde qu’imposent les images. Rien d’étonnant à ce que deux films «exotiques» se détachent de l’œuvre de Capra. L’étrange joyau qu’est The Bitter Tea of General Yen (Le Thé amer du général Yen , 1933) montre le raffinement et la grandeur d’âme d’une autre civilisation, tandis qu’à la fin de Lost Horizon (Horizons perdus , 1937) le héros, américain, n’a de cesse de quitter la civilisation pour retrouver Shandri-La, la vallée de bonheur et de paix éternels où l’on ne vieillit pas.

Encyclopédie Universelle. 2012.

Regardez d'autres dictionnaires:

  • capră — CÁPRĂ, capre, s.f. I. 1. Gen de mamifere rumegătoare paricopitate, cu părul lung, cu coarne, mai mari şi diferenţiate la masculi (Capra); animal care face parte din acest gen; p. restr. femela acestui animal. ♢ Capră de stâncă = capră sălbatică,… …   Dicționar Român

  • Capra —  Pour le réalisateur homonyme, voir Frank Capra …   Wikipédia en Français

  • Capra — may refer to:* Capra (genus), comprising the goats * People: ** Frank Capra (1897–1991), American film director ** Iustin Capra (born 1933), Romanian engineer ** Frank Capra, Jr. (born 1934), American film studio manager film family member **… …   Wikipedia

  • Capra — ist das italienische/griechische/rumänische Wort für Ziege der biologischen Name der Ziegen und Ziegenartigen (caprinae) der Familienname der US amerikanischen Tennisspielerin Beatrice Capra der Familienname des österreichischen Physikers und… …   Deutsch Wikipedia

  • capra (1) — {{hw}}{{capra (1)}{{/hw}}s. f. 1 Mammifero ruminante domestico degli Ungulati, con gambe brevi e robuste, testa corta e larga alla fronte con barba sul mento, corna curvate all indietro e pelo liscio e lungo | Salvare capra e cavoli, (fig.)… …   Enciclopedia di italiano

  • capra — s.f. [lat. capra ]. 1. (zool.) [mammifero artiodattile bovide, di dimensioni medie, con arti robusti, corna ricurve e mento spesso provvisto di barba] ● Espressioni: fig., salvare capra e cavoli [riuscire a trovare un accordo in situazioni… …   Enciclopedia Italiana

  • Capra — Ca pra, n. [L., a she goat.] (Zo[ o]l.) A genus of ruminants, including the common goat. [1913 Webster] …   The Collaborative International Dictionary of English

  • Capra — 1) (lat.), Ziege; 2) (Astron.), so v.w. Capella; 3) auch Steinbock …   Pierer's Universal-Lexikon

  • Capra — (lat.), Ziege, auch soviel wie Capella (s.d.) …   Meyers Großes Konversations-Lexikon

  • Capra — (lat.), die Ziege …   Kleines Konversations-Lexikon


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.